Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu un simple mythe

 

Chapitre 27 : Entre les mains de Voldemort.

 

         Harry reprit lentement connaissance, avec un mal de tête épouvantable. La pièce où il se trouvait était plongée dans la pénombre et sentait l’humidité. Jetant un regard autour de lui, il réalisa rapidement que sa vision était étrangement floue, ce qui lui apporta un désagréable pressentiment.

 

         « Oh, non… ! Ce n’est pas vrai… ! » marmonna-t-il, avant de plonger la main dans sa poche, pour en sortir ses lunettes que, par chance, il gardait en permanence dans sa poche.

 

         Une fois les avoir remis à leur place, sur son nez, il employa, sans baguette, un sortilège de réflexion et un miroir apparut, lui renvoyant, à sa plus grande horreur, l’image d’un adolescent aux yeux verts et aux cheveux noirs en bataille.

 

         « Alors là, c’est le bouquet… ! soupira-t-il. Comme si je n’avais pas déjà assez de problème… ! Il ne manquerait plus que… ! Oh, mince… ! » s’exclama-t-il, en réalisant qu’il n’était pas seul dans la pièce.

 

         En effet, son compagnon d’infortune était encore inconscient, étendu sur le sol. Mais, lorsqu’il reviendrait à lui, James risquait d’avoir une drôle de surprise. Harry se maudit de ne pas avoir, sous la main, un peu de cette potion que lui avait fait avaler Dumbledore.

 

         « Alors là, je suis bien… ! grogna-t-il. Qu’est-ce que je suis sensé lui dire s’il se réveille… ? »

 

         Une partie de lui-même lui apporta aussitôt la réponse à sa question, même si ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux à faire : dire la vérité… Malheureusement, ça risquait d’être plus facile à dire qu’à faire… Ce n’était pas la médaille qui l’inquiétait mais, plutôt, la réaction qu’aurait James. Il fut brutalement tiré de ses réflexions par un marmonnement indistinct et il se retourna pour découvrir que son “père” reprenait connaissance.

 

         « Oh non, pas déjà… ! » songea Harry en se mordant les lèvres, jetant un regard furtif autour de lui, à la recherche d’un quelconque moyen de retarder l’échéance.

 

         Ses yeux se posèrent alors sur une paire de lunettes qui traînait sur le sol… Ce qui signifiait que James n’avait pas les siennes, pour le moment… ! Harry les ramassa, bien décidé à les lui rendre lorsqu’il aurait un peu préparé le terrain…

 

         Il inspira profondément et s’avança vers son “camarade”.

 

         «- Vas-y mollo… ! lança-t-il. On a eu droit aux “logements d’honneur” et au traitement qui s’en suit…. ! ajouta-t-il, quelque peu sarcastique.

 

 - Harry… ? s’étonna James. Qu’est-ce qui… ? Oh non… ! C’est Voldemort, c’est ça… ? s’exclama-t-il, semblant avoir réalisé ce qui se passait.

 

 - J’en ai bien peur… ! soupira Harry. Comment te sens-tu… ?

 

 - J’ai déjà connu mieux… ! Seulement, ça serait encore mieux si j’avais mes lunettes… ! marmonna James, en s’asseyant sur le sol dallé et humide. Même si j’ai l’impression que le décor risque de pas être passionnant à voir… !

 

 - En effet… ! grommela Harry, en s’écartant, faisant mine de chercher lesdites lunettes. Tiens, je les ai trouvées… ! »

 

         Sur ce, il revint vers lui, les lunettes à la main.

 

         «- Ca c’est sympa… ! lança son camarade.

 

 - De rien… ! Je sais ce que c’est… ! lâcha Harry, avant de se jeter à l’eau. Ecoute, avant que je te rende tes lunettes… ! J’ai un petit aveu à te faire… ! Et ça risque de… ! Et…, je ne suis pas sensé raconter ça, surtout pas à toi… ! ajouta-t-il en se passant nerveusement sa main libre sur la nuque. Alors, ça serait sympa si tu ne disais rien… !

 

 - D’accord… ! De toute façon, tu devrais savoir que je ne suis pas du genre à trahir un secret… ! répondit simplement James. Mais je peux avoir mes lunettes, maintenant… ? »

 

         Harry fronça les sourcils, surpris par la désinvolture dont son futur père faisait preuve…

 

         «- Avant de te les rendre…, il faut absolument que je te dise quelque chose… ! lança rapidement Harry, désireux d’avouer tout ça, avant qu’il ne le découvre par lui-même. Mais… !

 

 - Je suppose que c’est à propos de ta fausse identité… ! » lâcha calmement James.

 

         Harry resta bouche-bée…

 

         «- Co…comment tu le sais… ? Bafouilla-t-il.

 

 - Il y avait quelque chose qui m’intriguait avec toi… ! Du coup, je me suis livré à quelques recherches… ! Ca fait deux mois que je suis au courant mais je n’ai rien dit car si tu dois maintenir cette façade, c’est sûrement parce que tu dois avoir de graves problèmes… ! Et puis, t’es quelqu’un de sympa… ! expliqua James en haussant les épaules. Je suis sûr que, si tu as agis de la sorte, c’est que tu devais avoir une bonne raison de le faire… ! Donc, rien ne t’oblige à m’en parler.., mais est-ce que je peux avoir mes lunettes maintenant… ?

 

 - Euh oui mais… ! Attends, une dernière chose… ! Si je tiens à te le dire c’est que… j’ai repris ma véritable apparence, sans trop savoir comment et que… ! lâcha Harry, avant de s’interrompre, hésitant. Bon, tiens, les voilà… ! céda-t-il, en lui tendant ses lunettes. Mais promet moi que tu me laisseras tout t’expliquer… !

 

 - Si ça te dis… ! » répliqua James en haussant les épaules, avant de récupérer, avec gratitude, ses lunettes et en le remettant sur son nez.

 

         Il aperçu alors l’adolescent qui, l’air inquiet, se tenait devant lui. Interloqué, il fixa Harry avec des yeux ronds, la bouche grande ouverte. Il la referma aussitôt, avant de reprendre la parole.

 

         «- Qu’est-ce que… ? commença-t-il, détaillant l’adolescent qui lui faisait face. C’est quoi ce truc… ? Tu… ?

 

 - Ecoute… ! C’est de ça que je dois te parler… ! intervint Harry. Et c’est la raison pour laquelle Dumbledore m’a fait changer d’apparence… !

 

 - Dumbledore est au courant… ? répéta James, haussant un sourcil. En tout cas, c’est vraiment… ! Bizarre… ! A crois que je suis encore en train de rêver… !

 

 - Non… ! C’est la réalité… ! Et ce que je vais te dire risque de te paraître encore plus étrange… ! rétorqua Harry. Mais, avant tout, je dois avoir ta parole que tu ne diras rien à personne, même pas à Sirius, Remus, Lily, Peter ou un autre élève… !

 

      - Ne t’inquiètes pas, je ne dirai rien… ! assura James, dont la curiosité l’emportait sur son étonnement, après un moment de silence.

 

 - Bon… ! Alors, avant tout, je ne suis pas Harry Calaway et je ne viens pas d’Australie… ! commença-t-il, cherchant ses mots avec soin. Je viens, en réalité, de Grande-Bretagne, et je ne viens pas non plus de… cette époque… ! poursuivit-il, avant de reprendre rapidement, en voyant que James allait dire quelque chose. En fait, à la suite d’un accident dans la salle de Potions, je me suis retrouvé à Poudlard…, mais vingt ans plus tôt… ! Alors que, dans mon présent, je devrais être en septième année, en 1998, à Poudlard… !

 

 - Attends… ! Si je te suis bien, tu viendrais du… FUTUR… ? demanda James, après un long moment d’un silence interloqué.

 

 - Euh…oui… ! confirma Harry.

 

 - D’accord… ! grommela James, en se passant la main sur le front. C’est sûr que j’étais loin de m’attendre à une chose pareille… ! En tout cas, ça fait vraiment bizarre d’avoir une réplique presque parfaite de moi-même en face de moi… ! Mais, une question, ça peut peut-être paraître déplacer mais, vu qu’on est dans les aveux, tu es, dans ton époque, dans quelle maison… ?

 

 - Gryffondor… ! répondit Harry. Où je joue, depuis ma première année, au poste d’Attrapeur de l’équipe et, depuis ma cinquième année, en tant que Capitaine… !

 

 - Hum… ! Et, au fait, juste comme ça, à qui ai-je, réellement, honneur… ? intervint James, un peu sceptique.

 

 - Euh, et bien… ! hésita Harry, avant de se reprendre, inspirant profondément. En fait, je… ! continua-t-il avant de se taire à nouveau, en grimaçant légèrement, mal à l’aise. En fait, à mon époque, on me connaît sous le nom de Harry… Potter… ! »

 

         Il s’interrompit, devant l’expression stupéfaite de son interlocuteur…

 

         « Potter… ? souffla James, abasourdi. Mais, comment… ? »

 

         Il se tut, rassemblant tous les éléments, réfléchissant, intensément. Il écarquilla les yeux soudainement, semblant réaliser ce que cela signifiait… !

 

         «- Si je comprends bien, tu es mon… ! Enfin, je veux dire que… !

 

 - Tu es, ou plutôt tu sera, mon père, aussi étrange que cela puisse paraître… ! Je suis, ainsi, le dernier héritier de Gryffondor, et le fils unique de James et Lily Potter… ! » conclut Harry, en s’éloignant.

 

         James resta silencieux. Harry se laissa choir dans le coin opposé de la pièce, incapable de lui faire face et appréhendant sa réaction. Il ramena ses genoux sous son menton et entoura ses jambes de ses bras, les yeux clos.

 

         Voilà, il l’avait dit… ! Mais, curieusement, il se sentait mal… Tout se terminait là…, d’une façon ou d’une autre… ! Un long moment de silence s’ensuivit…

 

         «- Lily… ? répéta James, à mi-voix. Lily Evans… ?

 

 - Oui… ! » confirma Harry, dans un souffle.

 

         Un autre moment de silence retomba dans la pièce. Jusqu’à ce que James se décide à reprendre la parole.

 

         « Eh ben, je comprend mieux pourquoi tu devais avoir une fausse identité… ! Et pourquoi tu te donnais tant de mal pour me sauver la vie… ! » murmura-t-il, simplement.

 

         Harry resta silencieux, ne sachant pas trop quoi faire ni quoi dire. Mais, visiblement, une idée, peu plaisante, traversa l’esprit de James car celui-ci reprit, une fois de plus, la parole, d’une voix incertaine.

 

         «- Harry… ! Est-ce que… ? Est-ce que ce que tu m’as dit, sur ta… famille est vrai… ? murmura-t-il, hésitant. Je veux, dire sur le fait que tu étais orphelin et tout ça… ?

 

 - Malheureusement, oui… ! avoua Harry, dans un murmure à peine audible, baissant un peu plus la tête.

 

 - Et… comment ?

 

 - De la main de celui qui nous tient, actuellement, en sa possession… ! » répondit inconsciemment Harry, soudain las.

 

         A présent, c’était comme si plus rien n’avait d’importance, comme s’il s’était détaché de son corps… Même la brûlure infligée par la médaille le laissait indifférent… L’adolescent ne se rendait même plus compte de ce qu’il disait, tant il se sentait mal…

 

         « Mes parents ont été assassinés par Voldemort alors que je n’avais qu’un an… ! » conclut-il, d’une voix éteinte, toujours recroquevillé sur lui-même.

 

         Une fois de plus, le silence s’abattit dans la pièce où ils étaient enfermés, encore plus pesant que jusqu’à présent.

 

         Plongé dans ses sombres réflexions, Harry ne sut jamais combien de temps s’était écoulé, lorsqu’une main se posa sur son épaule, le faisant sursauter.

 

         « Harry… ! » chuchota James, sur un ton hésitant.

 

         L’adolescent ne s’attendait pas, surtout après les révélations qu’il venait de lui faire, à ce que son “père” s’approche de lui à ce point. Après tout, ne venait-il pas de lui annoncer qu’il mourrait d’ici un peu plus de trois ans… ?

 

         Harry, s’obstinant à garder les yeux fermés, percevait cependant toujours la présence de James à ses côtés. Celui-ci se déplaça, venant devant lui, le tenant à présent par les deux épaules.

 

         « Harry… ! » insista-t-il.

 

         Surpris par le ton de sa voix, l’adolescent releva la tête, pour découvrir le Maraudeur, accroupit devant lui, le teint plus pâle encore que le jour de la finale de Quidditch durant laquelle Harry lui avait sauvé la vie.

 

         James le détailla longuement, dans la pénombre, puis planta son regard bleu foncé dans celui vert émeraude de son compagnon d’infortune, avant d’esquisser un léger sourire.

 

         « Tu as les yeux de Lily… ! » commenta-t-il, calmement.

 

         Harry resta sans voix, médusé par la réaction de James. Il s’était attendu à tout sauf à ça…

 

         « Je suis désolé pour tout ce que tu as dû subir… ! »

 

         Harry le fixa avec des yeux ronds, bouche-bée. James éclata de rire… ! Ce qui déstabilisa encore plus Harry.

 

         «- Ma réaction a l’air de d’étonner… ! commenta le Maraudeur. Tu t’imaginais que j’allais réagir comment ?

 

 - Je ne sais pas… ! En tout cas, tout sauf de cette manière… ! avoua Harry. Alors que je viens de t’annoncer que tu seras tué par Voldemort d’ici quelques années et que… !

 

 - Bah, au moins, je mourrai dignement… ! rétorqua simplement James en haussant les épaules, avant d’ajouter, devant l’expression sceptique de Harry. Je veux dire, d’accord, j’admet que l’idée de mourir dans moins de quatre ans ne m’enchante guère, encore moins l’idée que Lily connaisse le même sort… ! Mais, d’un autre côté, je suis rassuré de savoir que je mourrai avec honneur, de la main même de Voldemort et pas d’un vulgaire Mangemort… ! Mais aussi que je laisserai derrière moi un fils digne des Maraudeurs et du sang Potter… ! Un fils qui fera trembler Voldemort et lui causera bien des difficultés… ! Un fils qui est tout aussi, si ce n’est plus, doué que moi en Quidditch et qui a un courage à tout épreuve… ! Tu iras loin, crois-moi… ! »

 

         Harry sourit pour la première fois depuis le début de la conversation. James l’observa un moment et esquissa un sourire.

 

         «- Qu’est-ce qu’il y a ? s’étonna Harry.

 

 - Je me disais juste… ! En fait, tu as mis si rapidement notre secret à jour… parce que tu étais au courant…, non ?

 

 - Euh oui… ! Depuis ma troisième année… ! Mais… ! »

 

         Harry s’interrompit, semblant penser à quelque chose et éclata, à son tour, de rire. Il se reprit devant l’air interrogateur de James.

 

«- C’est marrant… ! commença Harry tout en se relevant. On a été enlevés par Voldemort, qui pourrai arriver d’un moment à l’autre, et tout ce qu’on trouve à faire, c’est de parler du fait que je vienne du futur et tout ça… ! C’est plus qu’ironique comme situation, non ?

 

 - Ouais… ! Mais c’est juste que c’est tellement…inattendu… ! J’étais loin d’imaginer que je me retrouverai à côtoyer un fils que je n’ai, techniquement, pas encore eu, et qui, en plus, à le même âge que moi… ! Néanmoins, c’est vrai qu’on devrait peut-être attendre d’être tiré d’affaire pour parler de ça… !

 

 - Eh ben, tu as l’air convaincu qu’on sortira vivant d’ici… ! commenta Harry en s’assombrissant à nouveau.

 

 - Bah, si tout ça est ton passé, ça a dû t’arriver… ! Du coup si tu es ici aujourd’hui, c’est qu’il a bien fallut que je m’en tire… ! Sinon, je vois pas comment tu aurai fait pour voir le jour… ! ajouta-t-il, faisant grimacer Harry. Et puis, je suis avec… le Survivant… ! Donc si tu mérites vraiment ta réputation, on a rien à craindre, non ?

 

 - C’est une façon de voir les choses, mais rien ne dit que j’étais sensé débarquer à votre époque… ! riposta Harry, quelque peu surpris par le qualificatif qu’avait employé James et qui n’était autre que son propre surnom. Après tout, en faisant ça, j’ai perturbé la ligne temporelle et… !

 

 - Je pense pas… ! Je ne compte plus le nombre de fois où tu m’as sauvé la vie… ! Sans ton aide, je ne suis même pas sûr que j’aurai fini ma sixième année à Poudlard… !

 

 - Ne dis pas ça… !

 

 - Mais c’est vrai… ! rétorqua James. En tout cas, je comprend mieux pourquoi tu étais si sûr que ça marcherai entre Lily et moi… ! Et qu’on s’entendait si facilement avec toi… ! ajouta-t-il en souriant. N’empêche, tu ferai un sacré bon acteur… ! Ca n’a pas dû être facile pour toi de jouer le jeu pendant tout ce temps que tu as passé avec nous… !

 

 - Je dois admettre que ça n’a pas été facile tous les jours… ! avoua Harry. Et… ! »

 

Il fut interrompu par une vive douleur qui lui traversa soudain le front. Il grimaça, mû par un mauvais pressentiment, et s’efforça à ne pas porter la main à sa cicatrice.

 

«- Harry ? Qu’est-ce qui… ? s’inquiéta James.

 

 - On va avoir… de la visite… ! souffla l’adolescent.

 

 - Comment tu le sais… ?

 

 - Ma cicatrice… ! répondit simplement Harry, en se tournant vers la porte tandis qu’un bruit, certes lointain, retentit de l’autre côté du battant. Je t’expliquerai ça plus tard, si tu veux mais… !

 

 - Il t’es arrivé la même chose un peu avant l’attaque de Pré-au-Lard… ! réalisa soudain James en se frappant soudain le front. Et à la maison aussi, le soir de l’attaque dans le Londres moldu… ! Mais… ?

 

 - Ecoute, Voldemort va arriver d’une minute à l’autre, alors je ne crois pas que le moment soit bien choisi pour parler de ça… ! » le coupa calmement Harry, en s’avançant d’un pas.

 

James ne posa pas de question mais vint à sa hauteur, l’air déterminé.

 

«- Si vraiment Voldemort vient, tu ne compte pas lui tenir tête tout seul, j’espère… ?

 

 - Je l’ai déjà affronté plusieurs fois… ! répondit simplement Harry. Je sais comment lui tenir tête… ! Mais il ne faut pas qu’il nous voit, tous les deux… !

 

 - Mais c’est après moi qu’il en a… !

 

 - Il ne verra pas la différence dans l’obscurité… ! Il pense avoir pris James Potter et un autre élève…, et non avoir deux Potter pour le prix d’un… ! »

 

James eut une légère grimace à cette remarque légèrement teintée d’humour de “son fils”.

 

«- Mais il faut que tu restes en vie… ! continua Harry. Donc, laisse-moi faire, d’accord ?

 

 - Mais… ?

 

 - Ecoute, je vais me faire passer pour toi face à Voldie… ! Je suis sûr qu’il n’y verra que du feu, stupide comme il est… ! Mais toi, tu ne dois surtout pas attirer l’attention sur toi…, au risque qu’il comprenne qu’il se fait berner par des gosses de dix-sept ans… ! »

 

James voulu protester et tous deux se défièrent un long moment du regard. Finalement, James capitula, face à la détermination plus que farouche qui brillait dans les yeux vert émeraude de l’adolescent, et détourna les yeux.

 

         «- Bon, ça ne sera que la énième fois que tu risquera ta vie pour moi… ! soupira-t-il, avec mauvaise grâce. Quand je pense que c’est le fils qui protège le père… !

 

 - Dois-je te rappeler que pour l’instant, on est dans le refuge de Voldemort et que tu n’as que dix-sept ans… ? Donc, théoriquement, tu n’es pas encore mon père et je ne suis qu’un adolescent qui protège un autre adolescent… ! »

 

         James allait dire quelque chose, mais un bruit sourd contre la porte l’interrompit et il se recula.

 

         «- Un adolescent qui a pratiquement les mêmes gênes que moi… ! grommela-t-il.

 

 - Il faudrait que tu fasses semblant d’être encore inconscient… ! souffla Harry, le visage crispé, préférant ignorer le commentaire de James. Et surtout, quoi qu’il se passe, ne dit et ne fait rien, d’accord ? »

 

         Presque aussitôt, la porte s’ouvrit et deux Mangemorts entrèrent dans la pièce, suivit par un gros serpent noir et une silhouette encore plus sombre, dont la simple apparition ne fit qu’accroître l’intensité de la douleur qui traversa le front de l’adolescent.

 

         «- Oh, déjà réveillé à ce que je vois, Potter… ! commenta froidement Voldemort, tandis que les Mangemorts se plaçaient de part et d’autre de leur Maître.

 

 - On dirait bien… ! » rétorqua tranquillement Harry, s’efforçant de conserver l’expression la plus neutre possible, et surtout de faire le vide en lui, connaissant très bien la faculté du mage noir à détecter les mensonges.

 

         Voldemort ne répondit pas tout de suite, fixant l’adolescent qui lui faisait face d’un air impassible, avant de reporter son attention vers le coin où James s’était précipitamment laissé choir à l’arrivée du mage noir. Celui-ci ricana.

 

         «- Eh bien, je vois que ton camarade ne se remet pas aussi vite que toi… !

 

          - Et je constate que vous ne faites jamais rien seul… ! répliqua aussitôt Harry, ignorant la douleur infligée par sa cicatrice. Vous sentez-vous toujours obligé d’être escorté par ces crétins écervelés et cupides qui vous collent en permanence, ou c’est juste une impression ? »

 

         Voldemort se retourna aussitôt vers lui, une lueur de mauvaise augure animant soudain ses yeux rouges. Il scruta un long moment l’adolescent, qui ne bougea pas d’un poil. Harry esquissa un sourire satisfait en voyant l’expression décontenancée que prit soudain le mage noir.

 

         «- Quelque chose ne va pas ? demanda Harry, avec désinvolture.

 

          - Mais c’est que tu ne manques pas d’audace, Potter ! rétorqua Voldemort qui n’aimait visiblement pas la façon dont l’adolescent lui parlait.

 

          - Je vous surprend, on dirait ! continua Harry, toujours aussi impassible.

 

          - Effectivement… ! concéda le mage noir, avec mauvaise grâce. Je suis très impressionné par la façon dont tu maîtrises tes émotions… ! Tu ne laisse même pas apparaître la moindre once d’appréhension, alors que je pourrai te tuer d’un simple sort… !

 

          - Oh… ! commenta Harry pas plus perturbé par cette nouvelle que ça. Et alors… ? »

 

         Une exclamation étouffée s’éleva parmi les Mangemorts.

 

         «- Et alors ? répéta Voldemort, visiblement quelque peu pris au dépourvu par le calme olympien dont son adversaire faisait preuve. Il semblerait que tu n’aie pas compris ce dont je suis capable… !

 

         - Oh si, très bien… ! Vous êtes capable de tuer quelqu’un d’un sort… ! Et après… ! C’est tout ce dont vous êtes capable ? » répliqua Harry, poussant l’audace jusqu’au bout, sous le regard de James qui s’inquiétait sérieusement au sujet de sa santé mentale.

 

         Harry connaissait bien Voldemort et savait pertinemment que le mage n’était dangereux que tant qu’il restait maître de lui-même… ! Mais une fois vraiment en colère ou déstabilisé, il était plus facile à combattre qu’il n’y paraissait ! Du moins, c’était comme ça que le Seigneur des Ténèbres “fonctionnait” à son époque… ! Mais la petite flamme menaçante qui venait de s’allumer dans les yeux du mage noir montrait à Harry qu’il touchait le bon bout… !

 

         « Et arrogant, avec ça… ! commenta calmement Voldemort. Mais, pour ton information, jeune présomptueux, je peux te réserver quelque chose de pire que la mort… ! Je peux t’infliger une torture et une douleur telles que, en comparaison, le Doloris ne ferait que pâle figure… ! Quelque chose qui te ferait souffrir à un tel point que tu me supplierais de te tuer… !

 

          - C’est vrai… ? répliqua calmement Harry, habitué à ce genre de menace, tout en songeant que, définitivement, le mage noir ne changeait guère de registre. J’aimerai bien voir ça… ! »

 

         La flamme qui brillait dans les yeux de Voldemort s’attisa un peu plus.

 

         « Te rends-tu compte, Potter, que tu provoques le plus grand sorcier qu’il ait jamais existé ? »

 

         Harry eut un léger rire plus que cynique.

 

         «- Et c’est partit pour le mélodrame… ! ricana-t-il. Désolé de vous décevoir, Voldemort, mais je ne pense pas que vous soyez le plus grand sorcier qui soit… ! C’est Albus Dumbledore… ! Vous, vous n’êtes qu’un lâche qui préfère avoir recours aux Sortilèges Impardonnables pour vaincre… !

 

          - Tu vas regretter ton insolence, Potter ! tonna Voldemort, en pointant sa baguette vers lui. Endoloris ! »

 

         Harry ne chercha même pas à échapper au sortilège qu’il se prit de plein fouet. Il fut projeté en travers de la pièce et se fracassa contre le mur, à côté d’un James complètement effaré.

 

         « Ne dis rien… ! » souffla Harry entre ses dents, en luttant contre la douleur infligée par le sort, tout en se relevant.

 

         Interloqué, Voldemort releva sa baguette.

 

         « C’est tout ce dont tu es capable, Voldie… ? répliqua calmement Harry, un petit sourire aux lèvres. Un simple Doloris ?! Je m’attendais à mieux que ça du graaaand Lord Voldemort… ! ironisa Harry, tout en priant silencieusement pour que James n’intervienne pas. Et où sont donc passées tes menaces de tortures pires que la mort… ?! » ajouta-t-il, sur un ton plus que provocateur.

 

         Des murmures stupéfaits retentirent parmi les Mangemorts, ainsi qu’un très discret “tu es carrément cinglé !” venant de James et qui fit légèrement sourire Harry, tandis qu’il soutenait, l’espace d’une inexorable fraction de seconde, le feu écarlate brûlant de haine qui animait les yeux de son ennemi de toujours, celui qui deviendrait l’assassin de ses parents… !

 

         «- Tu es allé trop loin, Potter ! lâcha froidement Voldemort. J’avais prévu autre chose à ton sujet mais je vais t’apprendre ce qu’il en coûte de me provoquer de la sorte… !

 

          - Ouais, ouais, c’est ça… ! répliqua Harry, avec entrain. J’attends de voir ça avec impatience…, Tommy… ! »

 

         Tous sursautèrent, à commencer par Voldemort lui-même, à cette appellation plus qu’osée, de l’adolescent.

 

         « Adieu Potter ! grinça durement Voldemort, une rage froide venant teinter sa voix habituellement aiguë, en pointant sa baguette vers l’adolescent. Je me contenterai de vos cadavres, à ton ami et toi… ! »

 

         Harry n’avait aucun mal à savoir ce qui allait suivre, mais il ne s’en inquiétait guère… ! Après tout, durant sa sixième année, il avait eu largement le temps de développé une immunité au sort de la Mort…, quelque chose qui avait stupéfait tout le monde et révolutionné le monde de la magie..., à son époque… ! Mais, le problème, c’était, James… ! Il lui jeta un bref coup d’œil, pour constater que le Maraudeur s’était lentement relevé, mais restait appuyé au mur.

 

         « Avada Kedavra ! » tonna Voldemort.

 

         Le temps sembla s’écouler au ralenti. Harry vit la fatal lueur verte jaillir de la baguette de son ennemi, droit sur lui…, mais aussi droit sur James… ! Il était encore trop près de lui, et il risquait de faire les frais du sorts, médaille ou pas médaille… ! Il devait protéger son futur père qui était trop stupéfait pour bouger, les yeux écarquillés. Harry ne voulait pas devoir recourir à ses pouvoirs mais là, il n’avait pas vraiment le choix ! Il se recula vivement, aussi près que possible du Maraudeur.

 

         « Reste derrière moi ! » cria-t-il, inutilement d’ailleurs, à l’attention de James qui était trop interloqué pour bouger, afin de couvrir le bruit de bourrasque qui accompagnait l’Avada Kedavra.

 

         Il étendit les bras sur les côtés, baissa la tête et ferma les yeux, concentré, récitant rapidement, à voix basse, quelques mots, tout en sentant sa médaille chauffer légèrement, comme à chaque fois qu’il recourrait à l’ancienne magie.

 

         Le sortilège de mort allait le toucher de plein fouet lorsqu’il sembla heurter un mur invisible qui s’était formé entre les deux adolescents et Voldemort, et le maléfice disparu sur le champ. Voldemort eut un mouvement de recul, pris au dépourvu, tandis qu’un murmure stupéfait s’élevait parmi les Mangemorts, alors que, plaqué au mur, James laissait échapper une exclamation étouffée. Harry, quand à lui, restait impassible, à peine affecté par l’effort qu’il venait de fournir, fixant avec intensité Voldemort qui, passé le premier moment de surprise, esquissa un sourire mauvais.

 

         « Oh, intéressant ! commenta le mage noir, calmement. Et impressionnant… ! Je n’aurai jamais imaginé que qui ce soit, à commencer par un jeune prétentieux de dix-sept ans, puisse un jour, contrer ce sortilège… ! D’autant plus en sachant que, pas plus tard qu’hier, aucun des deux Aurors, pourtant considérés comme deux des meilleurs de Grande-Bretagne, que j’ai éliminé, de mes mains, n’ont été capable de réaliser un tel phénomène… ! »

 

Harry recula, de façon à se rapprocher le plus possible de James qui était trop choqué pour bouger.

 

  «- Ne dis rien… ! Surtout ne dis rien… ! articula Harry, dans un murmure à peine audible.

 

 - Il a tué mon père… ! siffla James, interloqué, ayant visiblement compris l’allusion aux deux sorciers portés disparus quelques jours plus tôt.

 

 - Tu ne dois pas intervenir, James… ! Si tu te trahis, on ne sortira pas vivants d’ici… ! » lâcha Harry, prenant soin de rester le plus discret possible, avant de se tourner à nouveau vers Voldemort qui les observait, amusé.

 

Malgré les apparences, Harry n’était pas prêt à encaisser un second Avada Kedavra…, il espérait que l’assurance qu’il s’efforçait de conserver dissuaderai Voldemort de relancer à nouveau le sortilège…

 

Il y eut un brusque mouvement à l’entrée de la pièce, alors que la porte du cachot (car cette pièce en était effectivement un) s’ouvrait, derrière les troupes du mage noir qui s’écartèrent silencieusement, révélant une sombre silhouette qui s’était figée sur le seuil.

 

                                «- Maître… ! commença le nouveau venu.

 

 - Je pensais avoir été assez clair en disant que je ne voulais pas être dérangé… ! le coupa froidement Voldemort, sans même se retourner.

 

                             - Mais, Maître c’est… la Taupe est arrivée… ! »

 

                 Voldemort se retourna vers le messager, visiblement intéressé.

 

« Bien… ! lâcha finalement le mage noir. Je vais le voir de ce pas… ! Je reviendrai ultérieurement…pour m’occuper de notre jeune héritier de Gryffondor et son camarade qui s’est crut plus malin que tout le monde en tentant de lui venir en aide… ! » ajouta-t-il en jetant un bref regard aux deux adolescents.

 

Sur ce, il repartit vers la porte, ses partisans s’inclinant légèrement sur son passage, suivit par son fidèle serpent. Harry voulu s’avancer, bien décidé à ne pas laisser la “conversation” se finir de la sorte, mais James le retint par le bras, alors que les Mangemorts quittaient à leur tour la pièce, la porte se refermant bruyamment derrière eux.

 

« Surveillez-les ! » intima la voix, glaciale, du Seigneur des Ténèbres, à l’adresse de ses partisans.

 

* * * * *

 

Un silence pesant régnait dans le cachot, les deux adolescents s’étant laissés tomber sur le sol, dos au mur. James, la tête entre les mains, s’efforçait de mettre de l’ordre dans ses idées plus qu’embrouillées par toutes ces révélations qui lui étaient brutalement tombées dessus… ! Être la cible d’une attaque de Mangemort, finir entre les mains de Voldemort en apprenant au passage que l’adolescent qu’il avait côtoyé durant huit mois n’était autre que son fils, orphelin, venu du futur, et que Voldemort avait tué de sang-froid son père ! Tout cela, cumulé, faisait beaucoup (trop) d’évènements en moins d’une journée…, et, bien sûr, il fallait aussi tenir compte du fait qu’il ne savait pas s’il sortirait un jour d’ici et qu’il n’avait aucune nouvelle de ses amis et, surtout, de Lily… Son cœur se serra douloureusement à cette pensée… Il ne se le pardonnerai jamais s’il lui était arrivé quelque chose…

 

Dans le désordre qui avait ensuivit l’arrivée soudaine de Phantôme, il se rappelait vaguement l’avoir entendu l’appeler, avant qu’elle ne soit entraînée hors de vue des Mangemorts…, juste avant qu’il ne perde connaissance et se réveille, ici…

 

Il soupira et leva les yeux, un peu pris au dépourvu par le silence de Harry. Celui-ci, la tête contre le mur, les yeux fermés semblait perdu dans ses propres réflexions.

 

                                  « A ton avis, les autres vont bien ? »

 

Harry tressaillit légèrement et ses yeux vert émeraude si semblable à ceux de Lily, rencontrèrent son regard.

 

«- Je suis sûr qu’ils ont réussis à s’en sortir… ! Après tout, c’était après toi qu’ils en avaient… ! lâcha Harry, l’air grave.

 

      - J’espère que Lily n’a rien… ! » insista James, plus pour lui-même qu’autre chose.

 

                                     Harry esquissa un petit sourire.

 

                           « Tu la reverra, ta Lily…, tu peux me croire… ! »

 

             Le Maraudeur acquiesça discrètement et un moment de silence revint.

 

   « Merci d’avoir risqué, une fois de plus, ta vie pour moi… ! » reprit finalement James.

 

                                               Harry grimaça.

 

« Ce n’est pas dans mes habitudes de ne pas aider ceux qui ont des problèmes… ! Et puis, c’est tout dans mon intérêt de tout faire pour te garder en vie… ! Il semblerait que tu sois aussi doué que moi pour t’attirer les problèmes… ! »

 

James eut un léger sourire, s’habituant, bien plus vite qu’il ne l’aurait imaginé, au fait que ce garçon avec qui il conversait n’était autre que son propre fils…

 

        «- Tu crois que la Taupe dont parlait le Mangemort est le traître de Poudlard ?

 

 - C’est fort probable… ! J’aurai plutôt imaginé que l’espion serait un…quelconque rongeur… ! » marmonna Harry, en se massant les tempes.

 

James fronça les sourcils, percevant le ton lourd en sous-entendus du garçon, mais il jugea préférable de ne pas insister.

 

                                          «- Ca va ? s’inquiéta-t-il

 

 - Qui ? Moi ? s’étonna Harry, revenant visiblement à l’instant présent. Oh, je vais bien…, ce n’est qu’un coup de fatigue… ! Mais ça serait plutôt à moi de te demander ça…, je veux dire, ça te fait beaucoup de choses à digérer en même temps… !

 

           - Ca peut aller…, pour l’instant… ! » répliqua James en haussant les épaules.

 

Un nouveau moment de silence, pesant. Harry s’était remit debout et marchait à présent de long en large, les mains dans le dos.

 

                  «- Voldemort peut revenir n’importe quand ! poursuivit James.

 

 - Oui…, mais nous ne serons plus là quand il reviendra… ! déclara Harry en s’arrêtant brièvement.

 

                         - Tu as une idée pour sortir de là ? s’étonna James.

 

                        - Ouais… ! Mais j’aurai besoin de ton aide pour ça… ! »

 

* * * * *

 

James resta sans voix, fixant Harry avec étonnement, alors que celui-ci achevait de lui exposer son plan d’évasion.

 

         « Ferme la bouche ou tu vas finir par gober des mouches ! » plaisanta Harry.

 

Le Maraudeur, jusque là bouche-bée, revint aussitôt à la réalité et se recomposa une expression plus neutre.

 

« Mais, en supposant qu’on arrive déjà à sortir de ce cachot…, nous n’avons aucune idée de l’endroit où nous sommes et, sans baguette nous n’avons aucune chance de pouvoir ne serait-ce que tenir tête aux toutous de Voldemort… ! » commenta-t-il finalement.

 

                                                 Harry sourit.

 

« Pour ça, j’en fait mon affaire… ! assura-t-il. Ce n’est vraiment pas un problème… ! La preuve… ! »

 

James le vit fermer les yeux, les bras tendus devant lui, paumes vers le haut, et l’entendit murmurer une quelconque formule, le front plissé par la concentration. James laissa échapper une exclamation incrédule lorsque deux baguettes apparurent de nulle part, dans les mains de l’autre adolescent.

 

«- Whoa ! s’extasia le Maraudeur. Impressionnant… ! Il faudra que tu m’expliques comment tu fait ça… !

 

 - Plus tard, peut-être… ! répliqua Harry en souriant, avant de lui tendre sa baguette et glisser la sienne dans sa poche. Et si on combine nos pouvoirs, ajoutés à l’effet de surprise, on ne devrait pas avoir trop de mal à se débarrasser des gardes, et de la porte… ! »

 

              James fixa à nouveau Harry, surpris par l’assurance de ce dernier.

 

«- Tu t’es souvent retrouvé confronté à Voldemort, Harry ? s’enquit-il, après un moment d’hésitation.

 

 - Plutôt… ! concéda l’intéressé. Et je commence à bien le connaître… ! ajouta-t-il, visiblement peu enclin à s’attarder sur le sujet. Bon, on tente le coup ou pas… ! »

 

  James jeta un bref regard à la porte, repensant à l’idée de son compagnon d’infortune.

 

«- C’est complètement fou, mais ça peut marcher… ! lâcha-t-il finalement. C’est un plan digne de l’esprit tordu de Patmol… ! ajouta-t-il en souriant légèrement.

 

 - “Toujours plus d’ingéniosité et d’audace, tu déploieras” ! rappela simplement Harry. La huitième règle des Maraudeurs…

 

 - C’est vrai… ! avoua James, amusé. Mais je dois bien admettre que ton idée est plus que maraudeuresque ! »

 

                              Tout deux échangèrent un regard entendu.

 

«- Et puis, de toute façon, je ne tient pas particulièrement à moisir dans un endroit pareil plus longtemps… !

 

 - Je suis du même avis… ! confirma Harry en jetant un regard autour de lui. C’est encore plus austère que la…salle de cours de Krayak… ! »

 

                               James eut un léger rire à cette remarque.

 

          «- C’est sûr… ! D’ailleurs, quand on y pense, ça pourrait être lui, le traître ?

 

 - Je ne crois pas… ! répliqua Harry. Ca serait trop évident si le traître était le responsable de Serpentard, non ? Et puis, par expérience, je peux te dire que l’ennemi n’est pas toujours celui qu’on croit et que le danger vient toujours de l’endroit d’où on s’y attend le moins… ! »

 

James haussa les sourcils, en rencontrant, l’espace d’une seconde, le regard de Harry. Le Maraudeur eut la très nette impression qu’il essayait de lui faire comprendre quelque chose d’autre…, mais quoi ?

 

Il n’eut pas le temps de s’attarder plus longtemps sur la question car Harry se détourna et s’avança vers la porte.

 

        « On ferait mieux de ne pas traîner plus longtemps… ! » commenta ce dernier.

 

                         James acquiesça, mais réalisa alors quelque chose.

 

                                               «- Euh, Harry… !

 

                 - Qu’est-ce qu’il y a ? s’étonna celui-ci en se retournant vers lui.

 

                                            - Ton… apparence… ! »

 

Harry plissa les yeux, ne semblant pas comprendre où il voulait en venir, avant de se frapper brutalement le front.

 

                    «- Ah oui, j’avais complètement oublié ça… ! marmonna-t-il.

 

 - Dans un premier temps, je peux te redonner ton apparence d’emprunt par la Métamorphose…, mais ça ne sera que temporel…, le temps que tu puisse reprendre la potion que Dumbledore t’a donné… ! »

 

                                              Harry acquiesça.

 

« De toute façon, il n’y a pas d’autre solution ! » conclut-il, en enlevant ses lunettes et en les glissant, à nouveau, dans l’une de ses poches.

 

* * * * *

 

Elsa et Amy sortirent de leur dortoir, fermant précautionneusement la porte derrière elle.

 

« Alors ? » s’enquit Remus qui attendait dans l’escalier, en compagnie de Sirius et Peter.

 

Elsa esquissa une légère grimace et Amy se contenta de hausser les épaules en guise de réponse.

 

                                     «- Mais encore ? insista Sirius.

 

 - Comment voulez-vous qu’elle aille dans de telles circonstances… ? rétorqua sèchement Amy. Elle ne va pas bien du tout… ! Elle est encore sous le choc… ! »

 

Sirius et Remus échangèrent un regard gêné et semblèrent trouver un intérêt soudain pour leurs chaussures, alors que Peter restait silencieux.

 

«- Je commençais à croire que la potion que lui a administré Pomfresh ne ferait jamais d’effet, dans l’état dans lequel elle était… ! Une vraie boule de nerf… ! expliqua Elsa.

 

 - Mais tu réagirais comment, toi, si tu avais vu ton petit-ami se faire enlever par les Mangemorts… ? la coupa, durement, Amy.

 

 - Parce que tu crois que ça nous fait rien, à nous, de savoir que, à l’heure qu’il est, James…, et aussi Harry, sont probablement entre les mains de Voldemort…, peut-être même déjà morts… ? » riposta Sirius.

 

                               Il y eut un moment de silence embarrassé.

 

«- On devrait peut-être l’envoyer à l’infirmerie… ! suggéra finalement Peter, s’agitant nerveusement.

 

 - Non, maintenant qu’elle s’est enfin endormie, autant la laisser là où elle est… ! conseilla Amy. Elle sera bien mieux dans son lit… ! Par contre, elle risque d’en être quitte pour une bonne extinction de voix… !

 

 - Ca, ça ne m’étonnerait pas… ! confirma Sirius, se rappelant que trop bien les cris de la Préfète-en-Chef alors qu’ils la ramenaient, non sans peine, à Poudlard. Mes pauvres oreilles s’en rappellent encore… ! ajouta-t-il, sur un ton le plus léger possible, s’efforçant ainsi de détendre l’atmosphère.

 

 - MAIS ON N’EN A RIEN A FAIRE DE TES OREILLES, BLACK ! s’écria Amy. Tu peux te les mettre là où je pense… ! Tu… ! »

 

   Elsa lui plaqua vivement la main sur la bouche, étouffant le reste de ses véhémences.

 

                «- Eh, Amy, tais-toi ! Tu risque de réveiller Lily… ! souffla-t-elle.

 

 - Mais…, je plaisantais… ! protesta Sirius, surpris par la soudaine colère de sa camarade qui ne l’avait plus appelé par son nom de famille depuis bien longtemps.

 

 - Sirius, si j’étais toi je n’en rajouterai pas… ! intervint Remus, notant visiblement le regard meurtrier qu’Amy adressa à Sirius. Bon, écoutez, je sais que la situation nous perturbe tous et nous a tous, plus ou moins, affecté. Mais ce n’est pas le moment de craquer… ! On doit rester solidaire et éviter que Lily ne refasse d’autres crises de nerf de ce genre tant que nous ne serons pas fixés sur le sort de James, et aussi de Harry…, d’accord ? » poursuivit-il calmement, en jetant un regard à ses camarades.

 

  Ceux-ci finirent par acquiescer silencieusement et Elsa consentit à relâcher son amie.

 

« Bien ! Maintenant, les filles, vous feriez mieux d’aller vous coucher ! Ca ne vous fera pas de mal ! reprit posément Remus. En cas de problèmes avec Lily, n’hésitez pas à nous prévenir… ! Nous ne serons pas trop de cinq si elle nous refait une crise comme celle de tout à l’heure… ! Et quand à nous, nous allons regagner notre propre dortoir… ! ajouta-t-il, en jetant un regard aux deux autres Maraudeurs. On dit que la nuit porte conseil alors, nous verrons bien de quoi demain sera fait… ! »

 

Les autres ne cherchèrent pas à discuter, même si Sirius dut se mordre les lèvres pour réprimer les sarcasmes qu’il avait faillit répondre aux ordres de son ami et tous se séparèrent.

 

* * * * *

 

James et Harry (qui avait reprit son apparence d’emprunt), de part et d’autre de la porte, leur baguette à la main, échangèrent un regard entendu.

 

Au fil des cours de Défense Contre les Forces du Mal et de l’entraînement tout particulier auquel leur professeur les avait soumis, les deux adolescents avaient appris à perfectionner leur “absence d’interactivité” à un tel point qu’ils parvenaient désormais à maîtriser la puissance des sortilèges qu’ils employaient ensemble, et cela en conservant un contact réduit au minimum.

 

James inspira profondément, s’efforçant de calmer son cœur qui battait la chamade, appréhendant ce qui allait s’ensuivre.

 

              « Prêt ? » demanda Harry, affichant un calme olympien surprenant.

 

James ne put s’empêcher d’être impressionné par la façon dont Harry conservait un sang-froid remarquable, et cela quelle que soit la situation. Même à présent, alors qu’ils se trouvaient dans le repaire de Voldemort, qui pouvait revenir à tout moment, et qu’ils s’apprêtaient à tenter le tout pour le tout, Harry restait aussi paisible, du moins en apparence.

 

                                     «- Oui… ! répondit-il néanmoins.

 

                        - Dans ce cas…, on y va à trois… ! décida Harry. Un… !

 

    - Deux… ! poursuivit James, resserrant un peu plus ses doigts sur sa propre baguette.

 

                                          - Trois… ! acheva Harry.

 

                                              - ALOHOMORA ! »

 

A leur plus grande surprise, le sort eut plus que l’effet escompté, la porte s’étant arrachée de ses gonds, pour s’écraser bruyamment dans le couloir, dispersant les Mangemorts postés près de la porte.

 

« Pour la discrétion, on repassera ! grommela Harry, en déboulant dans ledit couloir, sous le regard ahuri de James. Stupéfix ! »

 

Les Mangemorts les plus proches, trop secoués pour réagir, tombèrent comme des mouches, touchés de plein fouet par le sort.

 

«- Co…comment… ? bafouilla l’un des gardes, avant de se reprendre. LES PRISONNIERS SE SONT… ! hurla-t-il en courant vers l’autre extrémité du couloir pénombré.

 

 - Eh, eh, toi, tu ne vas aller nulle part ! » cingla Harry, avant de stupéfixer le Mangemort.

 

James sembla sortir de sa torpeur et se glissa à hauteur de Harry, alors que les mages noirs se reprenaient.

 

                          « Au revoir la sortie discrète… ! » soupira Harry.

 

Bien qu’une dizaine de Mangemorts se trouvaient encore dans le couloir, l’ambiguïté des lieux annulait l’avantage du nombre, au plus grand soulagement des deux adolescents. Les sorts pleuvaient mais la combinaison de leurs pouvoirs respectifs permirent aux deux Gryffondor de prendre l’avantage et de disséminer les troupes adverses.

 

«- Et maintenant…, qu’est-ce qu’on fait ? demanda James, en scrutant les alentours, alors qu’ils enjambaient les corps inconscients de leurs gardiens.

 

                           - On s’en va avant que des renforts n’arrivent… !

 

 - C’est là que la cape d’invisibilité aurai put nous être plus qu’utile ! grommela James, alors que tous deux s’élançaient dans le couloir.

 

 - On pourrait peut-être déjouer la vigilance des Mangemorts grâce à la cape, mais ça ne tromperai pas Voldemort et ses Détraqueurs… ! soupira Harry.

 

                          - C’est vrai ? s’étonna James. Tu veux dire que… ?

 

 - Ils peuvent repérer les capes d’invisibilité…, et ça nous ralentirait plus qu’autre chose… ! » répliqua Harry.

 

Il s’interrompit brutalement, alors qu’ils atteignaient l’extrémité du couloir… qui s’ouvrait sur trois autres corridors tout aussi sombres les uns que les autres.

 

                      « Oui… ! ironisa Harry. Et maintenant, où allons-nous ? »

 

                 Tous deux échangèrent un regard et James haussa les épaules.

 

« Aucune idée… ! commenta-t-il. Et on ne peut pas se permettre de se tromper de chemin alors que l’endroit doit grouiller des partisans de Voldemort… ! »

 

Harry étudia rapidement les trois possibilités qui s’offraient à eux, à la recherche d’une quelconque indication…, en vain.

 

« Eh, j’y pense, Harry… ! s’exclama soudain James. Pourquoi tu ne prendrais pas ta forme d’Animagus… ? Je veux dire, en se servant des instincts de la panthère…, tu pourrai trouver la sortie… ! »

 

              Harry fronça les sourcils, réfléchissant à sa suggestion, puis sourit.

 

«- Ca pourrait marcher…, mais tu ne crois pas que ça devrait plutôt être à toi de faire ça ? observa-t-il. Je veux dire, je ne maîtrise pas aussi bien ma forme animale que toi… !

 

 - Peut-être, mais une panthère passera plus facilement inaperçue qu’un cerf… ! Et puis, pour ce qui est de la fuite discrète, les félins ne font pas de bruits sur un sol dallés…, contrairement au cerf… ! objecta James en désignant le sol.

 

 - Mais on ne peut pas dire qu’on ait été d’une très grande discrétion jusque là… ! Mais pourquoi tu n’utiliserais pas un sort d’insonorisation… ? »

 

                                           James secoua la tête.

 

« On ne peut pas soumettre une forme animagus à un sort primaire, tel que celui d’insonorisation… ! »

 

                                    Harry grimaça à cette remarque.

 

« Bon, je vois que je n’ai pas le choix… ! Mais tu as raison…, autant essayer de se faire les plus discrets possibles désormais… ! »

 

Sur ce, il rangea sa baguette dans sa poche et, une seconde plus tard, il prenait sa forme animale. James resta silencieux, tout en jetant un regard anxieux autour de lui. Les yeux verts de l’animal luisaient dans la pénombre, alors que, les sens en alerte, le félin sondait l’obscurité environnante. Brutalement, il s’engagea dans le couloir de gauche, rapidement suivit par James qui s’efforçait de ne pas perdre Harry des yeux.

 

« Eh, essaye de ne pas aller trop vite ! » souffla-t-il à l’adresse du félin qui ralentit aussitôt.

 

James n’attendait pas de réponse, sachant parfaitement que si, dans sa forme d’Animagus, Harry pouvait entendre ce qu’il lui disait ; lui, en tant qu’humain, ne pouvait pas percevoir les paroles mentales de Harry.

 

* * * * *

 

James avait l’impression de courir depuis des heures, enchaînant couloirs sur couloirs à la suite de Harry qui, toujours sous sa forme animale, ne s’arrêtait que brièvement lorsqu’ils atteignaient des intersections.

 

« Harry, tu es sûr de savoir ce que tu fais ? » demanda finalement James, ne supportant plus le silence pesant.

 

L’adolescent avait beau avoir confiance en les décisions de Harry, il n’en restait pas moins qu’il avait l’impression que tous ces corridors se ressemblaient et qu’ils tournaient en rond. Perdu dans ses pensées, il manqua de peu de buter sur la panthère qui s’était brusquement arrêtée, au beau milieu d’un couloir plus obscur que les autres.

 

Surpris, James allais dire quelque chose mais il se ravisa en songeant que Harry ne se serait pas arrêté sans aucune raison…, à moins que des Mangemorts soient dans les parages. Et, tendant l’oreille, il entendit effectivement des bruits de pas et des éclats de voix un peu plus loin.

 

      «- Ils ne peuvent pas être loin… ! lança un Mangemort dont la voix se rapprochait.

 

 - J’espère… ! Je préfère ne pas imaginer ce qui nous attendra si nous ne parvenons pas à remettre rapidement la main sur ces morveux… !

 

      - Il faudra d’abord qu’ils arrivent à sortir d’ici… ! » ricana un troisième mage noir.

 

Visiblement, un petit groupe de Mangemorts s’avançait rapidement dans leur direction. James serra un peu plus les doigts sur sa baguette, prêt à agir, au cas où… Mais Harry ne lui laissa guère le temps de faire quoique ce soit, et bondit sur les sorciers, jaillissant de l’ombre, lorsque ceux-ci se furent suffisamment approchés…, une seconde avant qu’ils n’aperçoivent James. Celui-ci se hâta de recourir au sort de Stupéfixion, alors que Harry projetait violemment deux Mangemorts au sol, en leur tombant dessus, les mettant ainsi hors service.

 

Les Mangemorts n’eurent guère le temps de comprendre ce qui leur arrivait qu’ils se retrouvèrent neutralisés, permettant aux deux jeunes de continuer leur route, atteignant ainsi un escalier de pierre qu’ils gravirent rapidement, James glissant régulièrement sur les marches recouvertes de mousse, pour déboucher…dans un autre couloir.

 

« Mais ça ne finira donc jamais… ! » soupira James, suivant toujours Harry, dans des couloirs un peu plus éclairés que les précédents.

 

Ils n’eurent guère le temps de se réjouir de cette maigre consolation, alors qu’une vague de froid les enveloppait brutalement, faisant frissonner le Maraudeur.

 

                              « Brr, il ne fait vraiment pas chaud ici… ! »

 

Une plainte douloureuse l’interrompit, et il réalisa alors qu’il venait de marcher sur la queue de la panthère qui s’était brutalement arrêtée.

 

« Oh, pardon, excuse-moi, Harry ! » s’exclama-t-il précipitamment, en enlevant son pied.

 

Pour toute réponse, ce dernier reprit aussitôt sa forme d’emprunt et se hâta de reprendre sa baguette.

 

                                       «- Harry… ? Qu’est-ce qui… ?

 

          - Concentre-toi sur un souvenir heureux, James… ! le coupa durement Harry.

 

 - Quoi ? Tu veux dire que … ? » commença le Maraudeur, alors que la sensation de froid s’accentuait, s’immisçant dans tout son corps.

 

Au même instant, une vingtaine de hautes silhouettes encagoulées apparaissaient de l’autre côté du couloir.

 

         « Spero Patronum ! » cria alors Harry.

 

         Sous le regard ébahit de James, une forme argentée jaillie de la baguette de l’adolescent.

 

         « Eh, mais, on dirait… ? s’exclama-t-il, en découvrant le cerf étincelant. Ton Patronus c’est ma forme d’Animagus… ? Et puis, je croyais que tu ne savais pas faire les Patroni… ? » ajouta-t-il, décontenancé, en se tournant vers Harry.

 

         Celui-ci eut un léger rire.

 

         «- Je ne crois pas vraiment que ce soit le moment de parler de ça… ! Mais, pour faire court, je faisais exprès de les rater pour que tu ne puisse pas voir la forme de mon Patronus… !

 

          - C’est flatteur… ! commenta James à voix basse. Cornedrue sert de Patronus à mon propre fils… !

 

          - Vraiment, je continue à penser que ce n’est vraiment pas le moment de s’attarder sur ce sujet… ! Tu sauras tout, mais quand on sera sortit d’ici… !

 

          - Tu as l’air de croire qu’on sortira vivant d’ici… ! grommela James.

 

 - Oh, allez, où est passé ton optimisme légendaire… ? le taquina Harry. Il faut toujours garder espoir… ! Car, après tout, l’espoir fait vivre… ! Et puis, ce n’est pas toi qui disait tout à l’heure que si je suis là c’est que tu es sensé t’en tirer… ? D’ailleurs, regarde, on est déjà débarrassé des Détraqueurs… ! ajouta-t-il, désignant son Patronus qui finissait de disperser les horribles créatures. Et la voie est libre… ! » ajouta-t-il, désignant le couloir qui s’ouvrait devant eux.

 

A leur plus grand soulagement, les deux adolescents finirent par atteindre la sortie, évitant soigneusement les Mangemorts, répartis en petits groupes qui effectuaient, à présent, des rondes dans le repaire du mage noir, à la recherche des deux fugitifs…qui allaient atteindre la porte quand…

 

     Ils heurtèrent durement quelque chose et retombèrent, sans ménagement sur le sol.

 

                                       «- Mais… ? Qu’est-ce que… ?

 

 - Vous n’espériez pas me fausser compagnie aussi facilement, j’espère… ? » intervint une voix glaciale, derrière eux, faisant frissonner James.

 

James se releva promptement, imité par le Maraudeur, tous deux se tenant face au Seigneur des Ténèbres qui esquissait un sourire sardonique, escorté par quatre de ses Mangemorts.

 

              «- Un champ de force si je ne m’abuse… ! intervint calmement Harry.

 

 - Mais c’est qu’il a l’esprit vif, celui-là ! ironisa le mage noir, provoquant le rire de ses Mangemorts.

 

 - Taisez-vous, bande d’incapables ! les coupa aussitôt leur Maître. Vous êtes aussi incompétents les uns que les autres… ! Deux gosses se sont joués de vous…, en beauté… ! »

 

James vit les serviteurs du sorcier pâlir et reculer de quelques pas, la tête basse, préférant visiblement ne pas s’attarder à proximité de leur maître…qui sembla oublier momentanément les deux adolescents, songeant probablement qu’ils ne risquaient pas de s’enfuir.

 

* * * * *

 

« Désolé, Voldie, mais il faut plus qu’un simple champ de force pour arrêter Harry Potter… ! » songea Harry.

 

Sur ce, profitant de la minute d’inattention de Voldemort, il se tourna vers la barrière translucide qui bloquait le couloir et que, dans leur précipitation, les deux adolescents n’avaient pas vu jusque là…

 

« James, tiens toi prêt à foncer… ! souffla-t-il dans un murmure à peine audible. Destructo clipeus… ! » ajouta-t-il sur le même ton, les bras tendus devant lui, les yeux fermés, visualisant mentalement l’objet à détruire.

 

Un claquement sec lui apprit qu’il avait obtenu l’effet désiré…, mais attira aussitôt l’attention de Voldemort.

 

                                                   «- Qui… ?

 

 -Cours, James ! cria Harry, attrapant l’adolescent par le bras. Désolé Voldie de refuser votre charmante hospitalité mais nous sommes attendus ailleurs… ! ajouta-t-il, alors qu’ils s’engouffraient par la porte qui s’ouvrit à la volée devant eux.

 

                      - RATTRAPEZ-LES ! NE LES LAISSEZ PAS FILER… ! »

 

La lourde porte se referma derrière les adolescents, étouffant les propos du mage noir, alors que les deux adolescents, momentanément aveuglé par la clarté, matinale mais soudaine, extérieure, s’éloignaient, à présent, aussi vite qu’ils le pouvaient…

 

«- On ne peut pas leur échapper… ! s’exclama James, quelque peu essoufflé. On ne sait même pas où on est…, et encore moins où on va… !

 

 - Ce n’est pas un problème… ! répliqua Harry, en sortant ses lunettes de sa poche. On va s’arrêter là-bas… ! ajouta-t-il, désignant un bosquets d’arbrisseaux rachitiques qui se dressaient un peu plus loin.

 

 - S’arrêter… ? Mais… ? s’étonna James. Et puis, qu’est-ce que tu compte faire, avec tes lunettes ? poursuivit-il, en découvrant l’objet.

 

 - En faire un Portoloin… ! lâcha Harry. Mais j’ai besoin de calme… et je n’y arriverai jamais si on ne s’arrête pas… ! »

 

* * * * *

 

Et c’est ainsi qu’ils se réfugièrent derrière le pathétique refuge qu’offrait la végétation environnante. Harry se concentra aussitôt sur ce qu’il voulait faire, sous le regard anxieux de James.

 

Harry murmurait inlassablement la formule, particulièrement complexe, qui permettait de transformer n’importe quel objet en Portoloin…, formule qu’ils avaient étudiés en Enchantement en début d’année. Jetant un regard autour de lui, il aperçut alors des Mangemorts, à l’air déterminé, qui s’avançaient dans leur direction.

 

                                        - Harry… ! commença James.

 

 - Temporalis, Abi nos in Poudlard ! conclut, au même instant, l’intéressé, avant d’écarter sa baguette de ses lunettes. C’est bon… ! Il s’activera quand tu le toucheras… ! »

 

James acquiesça et, sans un dernier regard aux partisans de Voldemort, il posa la main sur les lunettes de Harry. Presque aussitôt, il y eut un déclic, suivit de la sensation caractéristique que provoquait ce genre de moyen de déplacement.

 

* * * * *

 

       Ils se réceptionnèrent, tant bien que mal…, devant l’entrée du Parc de Poudlard…

 

«- Tu as réussit, Harry… ! On est rentrés… ! s’exclama James, en souriant, alors que l’adolescent remettait les lunettes, après s’être assuré que le sort de transportation avait bien perdu son effet, dans sa poche.

 

 - On dirait bien… ! confirma-t-il, alors qu’ils pénétraient dans l’enceinte de l’école. A ton avis, on a passé combien de temps dans le repaire de Voldemort ?

 

 - Aucune idée…, mais je dirai au moins une douzaine d’heures…, si ce n’est plus… ! répondit James en haussant les épaules, désignant le ciel où le soleil brillait, éclatant, déjà haut dans le ciel , avant de soupirer. Tu sais, je n’ai jamais été aussi heureux de revoir ce bon vieux Poudlard… ! »

 

                       Harry sourit et tous deux gardèrent le silence, gênés.

 

«- Au fait…, Harry…, pour ce que tu m’as dit…, tu… tu as ma parole que je ne dirais rien… à personne… !

 

 - De toute façon, je ne pense pas que les autres te croiraient si tu leur disais… ! observa Harry, semblant trouver un intérêt soudain au sol.

 

 - Ca n’en fait aucun doute… ! confirma James en grimaçant et en fourrant ses mains dans ses poches. En tout cas, je suis rassuré de savoir que je ferai ma vie avec Lily… ! »

 

    Harry ne dit rien, donnant distraitement un coup de pied dans un caillou qui traînait.

 

   «- En tout cas, le sort que tu m’as lancé tiens bien… ! commenta finalement ce dernier.

 

          - Mieux que je ne l’aurai pensé… ! » répliqua James en souriant légèrement.

 

* * * * *

 

Les deux adolescents s’engouffrèrent finalement dans le hall, à première vue désert, du château.

 

         « JAMES ! »

 

         Ce dernier n’eut guère le temps de réaliser ce qui se passait, avant de se faire assaillir par la jeune fille auburn qui lui sauta au cou.

 

         «- Lily ?!

 

 - Tu es vivant… ! » s’exclama-t-elle en enfouissant son visage au creux de son cou.

 

         Passé le premier moment de surprise, l’adolescent sourit, l’étreignit étroitement et l’embrassa sur le front.

 

         «- Chut… ! Calme-toi… ! murmura-t-il, en passant la main le long de son dos dans un geste apaisant. Je vais bien… !

 

          - J’ai eu si peur… ! souffla-t-elle en sanglotant légèrement contre lui.

 

 - JAMES… ! HARRY ! » s’écrièrent aussitôt de nouvelles voix, faisant sursauter les deux intéressés qui relevèrent la tête pour apercevoir leurs camarades de classe dévaler l’escalier de marbre.

 

         Tous deux se retrouvèrent bien vite entourés par leurs amis qui se hâtèrent de les bombarder de questions, James serrant toujours sa petite-amie (qui refusait d’ailleurs de le lâcher) contre lui.

 

 

Chapitre précédent                                        Chapitre suivant

 

 

Aller au Chapitre :   01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09,

           10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19,

     20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29

                                 30, 31, 32, 33

 

 

Fanfictions

Sommaire